RAPPORT D’INTRODUCTION A L’ASSEMBLEE GENERALE DU 11 FEVRIER 2020
de Marcel PICOT

Si, en 2018, nous avions quelque peu un goût amer en rapport au mouvement des gilets jaunes qui rejetait les syndicats et les partis politiques, ce qui avait fait débat ici même, car il semblait mettre en question l’action syndicale, la fin de 2019 lui a redonné des couleurs par des mouvements de grève et de manifestations de haut niveau.

Le gouvernement a cru bon de dévoiler son projet de réforme des retraites juste avant les fêtes pour que la contestation s’éteigne lors de la trêve des confiseurs.

Peine perdue, la mobilisation a continué et perdure encore au moment d’écrire ces lignes.

Mieux encore, l’opinion publique soutient le mouvement à plus de 60%. La bataille des idées pour faire admettre cette réforme rétrograde sur tous les plans n’est pas remportée par le gouvernement malgré le soutien sans faille des médias détenus par les amis du président. Les français ont bien compris l’objectif principal de cette réforme, livrer autant que possible la manne des caisses de retraites à l’appétit des requins de la finance.

Le rejet est d’ampleur et quasi général, les professions libérales sont également vent debout contre cette ineptie, même le haut conseil aux armées se dit contre cette réforme. L’AMF, Association des Maires de France s’oppose également à cette réforme qui manque sérieusement de concret, tant sur le financement que sur la prise en compte de la pénibilité.

Pourtant, suite aux violences engendrées par la non écoute de notre gouvernement en début d’année 2019, notre cher président s’était de lui-même mis en scène dans un pseudo « grand débat » qui devait, selon lui, déboucher sur des mesures concrètes envers les foyers les plus modestes.

Le bilan de cette mascarade, car il n’y a pas d’autre qualificatif, est loin d’être à la hauteur des attentes, bien au contraire.

La politique du mépris et du mensonge s’est encore amplifiée et devient institutionnelle. Notre gouvernement ment sans cesse, et le président cautionne cet état de fait. Jusqu’à faire douter L Berger de la sincérité du président Macron, c’est dire !!

L’attitude de Delevoy, haut commissaire à la réforme des retraites, est l’exemple type de ce que voudrait la caste dirigeante : des lois et règlements pour le petit peuple, aucune limite légale pour les dirigeants et les détenteurs de fortunes, tellement ceux-ci se sentent au dessus de tout, sans empathie et sans aucun humanisme. Seul l’argent compte.

Depuis plusieurs décennies, les réformes mises en place par les divers gouvernements se traduisent par des pertes d’acquis et une baisse du pouvoir d’achat. Le terme « président des riches » n’est plus une vision de l’esprit, c’est devenu une évidence criante d’injustice. L’OFCE le confirme d’ailleurs dans son dernier rapport où il est clairement établi que les mesures économiques prises depuis 2 ans et demi ont surtout profité à la couche la plus aisée de la population au détriment des plus démunis.

La baisse des APL, la réforme de l’assurance chômage, la hausse de la CSG ne sont que quelques exemples.

Camarades, le combat doit continuer et s’amplifier, même si c’est difficile et parfois décourageant de voir que, dans les manifestations, il y a autant de cheveux blancs que jeunes pousses.